dimanche 8 avril 2018

A Saint Front la Rivière quand la Baguette revivra


par Francis Le Goyet - Saint-Front la Rivière.

Un petit tour dans le passé

En 1960 pendant les trente glorieuses, un « patron  de la région parisienne » achète un château et construit son usine à la campagne au pied de celui- ci.
Il embauche les gens de la commune et des environs (jusqu’ à 70 emplois) certains sans qualification, il les forme. Des couples y sont embauchés, des maisons y sont construites ou rénovées.
L’affaire est prospère, les taxes viennent enrichir les finances de la commune.


 A partir des années 2000, de gros investissements sont réalisés mais la « conjoncture » n’est pas favorable et l’affaire est liquidée en 2003. De nombreuses affaires en Périgord Vert n’ont pas su s’adapter aux nouveaux marchés, à la mondialisation. Le taux de chômage s’accroit pour des habitants qui n’ont pas envie de quitter le territoire où ils sont nés, les jeunes qui ont fait des études quittent le territoire. Celui-ci s’appauvrit.
Les élus sont démunis et pendant plus de 10 ans cette usine souvent pillée devient une friche, la végétation prend le dessus.

De la friche industrielle au renouveau

Le maire de la commune s’inquiète à juste titre et commence à prendre des contacts. Faire bouger les lignes n’est pas chose facile. Le dossier prend du retard, les 3 communautés de communes fusionnent pour finir par créer la CCPN composée de 28 communes, avec 3 bassins de vie, Nontron, Piégut et St Pardoux la Rivière, le Préfet ne laisse pas le choix ! Pas de projet de territoire, pas de PLUI, pas de SCOT, le territoire prend du retard.
Le maire et son conseil municipal ne désarment pas et en 2015, la commune procède à l’achat des bâtiments en investissant environ 40 000 euros avec les deniers de la commune. Elle effectue des travaux de mises en sécurité et perçoit 24 000 € de la DREAL.
A-t-elle les moyens d’aller plus loin? La question se pose, puis la communauté de communes s’empare de la compétence concernant l’économie et les zones artisanales.
La commune doit céder en 2017 le bâtiment pour l’euro symbolique.




En 2018, enfin , la CCPN porte un projet de reconversion de la friche industrielle.
Le projet comporte plusieurs phases de réalisation.
La première favoriserait l’installation de 3 artisans : un atelier de carrosserie, un maçon, un atelier de découpe laser. D’autres projets avaient été évoqués : espace coworking, café associatif. Mais faut-il mélanger les activités ?
Il faudra aussi penser à travailler sur l’environnement.
Le montant de la première tranche s’élève à 255 000 € TTC dont 170 000 € de subventions ; c’est peu élevé par rapport à des investissements de « loisirs » sur le territoire quand on considère que cela peut créer des emplois à terme.
Une fois les subventions obtenues, les travaux pourront démarrer et s’achever avant la fin de l’année pour y accueillir ces trois artisans et il faut l’espérer, plus dans un avenir proche.
Etre un élu n’est pas de tout repos, du moins pour certains…

Au four, au moulin et à la baguette !!!