jeudi 18 juin 2026

Gestion de l’eau : une adaptation inévitable !

 Café citoyen en Périgord Limousin, le 30 mai 2026

Gestion de l’eau : une adaptation inévitable !

En partenariat avec l’Association L’HanGare, à Thiviers, le CDD Périgord Vert a accueilli le samedi 30 mai environ 25 participants, avec le double objectif de relancer un groupe Périgord Limousin et d’assister à une conférence-débat sur l’eau, thème majeur sur lequel nous revenons avec un expert, Jean-Emmanuel Gilbert. Celui-ci associe dans sa pratique professionnelle ancrage dans l’économie réelle du pays et alerte sur un écosystème fragilisé. Il nous rejoint en voisin, l’entreprise qu’il a créée Aquassay se trouvant à Limoges.

Le président Paul Brejon fait une présentation du CDD

En quelques mots : 

L’eau douce est une ressource limitée, qui ne se renouvelle que par la pluie. L’hydrologie d’un territoire est étroitement liée à sa géologie : ainsi le socle granitique du Limousin et du Nord-Est du Périgord Vert ne garde pas l’eau.

Des nappes peuvent être en souffrance malgré de fortes pluies.

Le cycle de l’eau est un système complexe, qui est profondément modifié par la conjugaison de plusieurs facteurs :

-surexploitation des ressources superficielles et souterraines, 

-urbanisation qui concentre prélèvements et rejets, 

-pollutions diffuses et ponctuelles (pesticides, médicaments, microplastiques, PFAS...),

-destruction des zones humides,

-imperméabilisation des sols,

-et changement climatique (augmentation des évènements extrêmes, hivers doux, printemps précoces...).

L’intervenant nous sensibilise sur le coût global de l’eau, dont le coût matière (quelques €/m3) n’est qu’une infime partie.

La ressource en eau en France diminue de façon notable depuis une trentaine d’années.

Les restrictions d’usage de l’eau se multiplient.

Les alertes sont multiples, trois exemples : 

« Eau : urgence déclarée », rapport d’information du Sénat (2016),

« La région Occitanie en danger de mort hydrique » selon l’Agence de l’Eau Adour Garonne (2025),

« Eau et assainissement : les collectivités confrontées à un mur d’investissement », à la une du Courrier des Maires (2023). 

Sans modification des pratiques de gestion et des usages de l’eau, il sera difficile d’opérer la réindustrialisation de la France.

L’eau est au cœur de toutes les activités, et la modification du cycle de l’eau a donc un impact global : risque assurantiel avec les inondations et le retrait gonflement des sols argileux, levier de performance global pour un territoire, risque financier pour des entreprises qui pourraient se retrouver avec des actifs dévalorisés.

Jean Emmanuel Gilbert

Face à ce diagnostic, c’est selon la formule de Jean-Emmanuel Gilbert la fin du monde « open bar ».

Les solutions techniques ne peuvent répondre à un problème systémique.

La gestion de l’eau actuelle est centrée sur les traitements.

Un changement de modèle s’impose qui passe par des stratégies d’efficacité hydrique en agissant prioritairement sur les usages, tant pour les sites industriels que pour les collectivités territoriales.

Au CDD Périgord Vert de relayer cette alerte en direction des élus communautaires et de promouvoir la notion de « territoire en transition hydrique ». 


Pierre Gaillard et Paul Brejon


mardi 16 juin 2026

Les difficultés à gérer une entreprise... et dans le nontronnais ?

La fermeture d'entreprises n'est pas due uniquement aux délocalisations mais parfois à des fautes de gestion,  des erreurs stratégiques, à une mauvaise gestion financière, à un manque d'adaptation aux évolutions du marché,  à un endettement excessif, à une concurrence accrue, à un manque d'innovations technologiques, à un changement du comportement des consommateurs. L'appât du gain, la recherche du profit excessif à court terme fragilisent  les entreprises. Ce profit immédiat prend le dessus sur l'investissement. 

Dans les  grandes entreprises un système d'incitation poussent au court terme, souvent sous la pression des actionnaires, à la recherche de l'enrichissement personnel des dirigeants, rémunérations excessives, dividendes élevés. Les intérêts personnels peuvent passer avant ceux des salariés, et de l'entreprise. La peur et l'incertitude peuvent jouer mais les entreprises solides ont investi sur les salariés, la formation, accepté des profits plus modestes, privilégié la qualité , la réputation, gardé une vision de long terme. Il ne faut pas généraliser beaucoup pensent transmission plutôt qu'enrichissement personnel et la réponse varie beaucoup selon les secteurs. 

Une règle d'or, avoir des fonds propres suffisants, un bon coussin de sécurité, pour passer les crises, encaisser des pertes temporaires, investir, financer une restructuration, une diversification, trouver de bons partenaires. Une entreprise peut être rentable sur le papier mais vulnérable si ses fonds propres sont faibles. Dans le nontronnais de nombreuses entreprises ont disparu au cours des 30 dernières années voir plus, pour des raisons  diverses et parfois celles indiquées ci-dessus, malheureusement pour le tissu économique de notre territoire. 

Francis LE GOYET St Front la Rivière

Convention territoriale globale avec la CAF en nontronnais

 La CCPN (Communauté de communes Périgord Nontronnais) a invité la population à participer à une réunion, en présence de ses différents services concernés et de la responsable de la CAF (Caisse d’allocations familiale) à 3 dates et lieux différents pour réfléchir à la nouvelle Convention territoriale globale qui entrera en vigueur en 2027. Il devrait y avoir une restitution de ces réunions à une date qui n’a pas encore été indiquée.

La convention territoriale globale est « le cadre contractuel stratégique et politique de référence établi entre la CAF et la CCPN pour renforcer l’efficacité, la cohérence et la coordination des services mis en place pour les habitants du territoire ».

Elle est mise en place pour maximum 5 ans et doit proposer des objectifs et un plan d’actions en cohérence avec l’offre globale au niveau de la communauté de communes.

Lors de la première réunion à Piégut-Pluviers (03/06/26), les thèmes proposés étaient : petite enfance, enfance jeunesse, parentalité, animation vie sociale (mobilité, inclusion numérique, associations…), logement et cadre de vie, accès aux droits, handicap…

J’ai fait le choix de participer aux thèmes mobilité, logement et cadre de vie.

Des associations telles que le Vime ont permis des progrès considérables et font école. Les déplacements doivent être programmés et le coût reste élevé mais c’est une première réponse à la nécessité de pouvoir se déplacer.

Le diagnostic sur le logement montre qu’il existe une très grande inadéquation entre les logements proposés et les souhaits des habitants. Les logements, particulièrement en centre ville mais aussi ailleurs, sont souvent inadaptés (escaliers pénibles, manque de clarté, manque de commodités, étroitesse des pièces, bruit… isolation inexistante ou défectueuse).

« Aérer » les rues en démolissant certaines constructions est envisagé. Il reste que les coûts de rénovation et d’isolation sont largement supérieurs aux moyens des propriétaires occupants ou bailleurs même en cumulant toutes les aides possibles. A cela s’ajoute la zéro artificialisation des sols qui réduit le foncier constructible alors que les gens souhaitent très majoritairement une maison avec un jardin. Ils ne veulent pas vivre à la campagne comme ils vivent en ville ! Les échanges sur cette question ont montré que des personnes, des familles renoncent à s’installer sur le territoire de la CCPN à cause de cette impossibilité à louer, acquérir ou faire construire le logement qui répond aux critères actuels..

Malgré les multiples études, projets, programmes, concours d’architecture, budgets participatifs… mettant l’accent sur la nécessité d’allier les projets urbains et les aménagements paysagers pour revitaliser les centres villes, ce cadre de vie souffre toujours de désertification. Seuls les commerces en lien physique avec la population (commerces de bouche, coiffeurs, instituts de beauté, cafés, fleuristes, pressing, etc..) survivent tant bien que mal. Les lieux de convivialité et de culture, quand ils existent, participent à l’attractivité de la localité.

Tous les autres sont victimes des nouvelles formes de consommation. 100 à 300 colis peuvent être échangés par mois dans le plus petit locker installé sur un parking (locker qui rapporte entre 50€ et 100€ par mois).

Si on multiplie par le nombre (inconnu à ma connaissance) de lockers installés sur le territoire, on prend conscience de l’ampleur des échanges qui échappe au territoire de la CCPN. Cette évolution est inéluctable. Mais, entre mairie, église et monuments aux morts, les rideaux de fer sont tirés !

Les coupes rases pratiquées, y compris en limite des bourgs, renforcent les puits de chaleur, la force des vents, l’érosion des sols due aux pluies ruisselantes, entrainent le destockage immédiat du carbone en augmentant la pollution, massacrent la beauté de nos paysages. Le cadre de vie rural ou urbain est ainsi mutilé pour des dizaines d’années.


Marie Pauthier- Piégut Pluviers

lundi 15 juin 2026

Qu’est-ce que la CAF Caisse d’allocations familiales ?

La Sécurité Sociale comprend 5 branches :

-Branche maladie : soin, maternité, invalidité décès

-Branche famille : Caisse Nationale des Allocations Familiales (101 CAF) : prestations familiales, handicap, logement)

-Branche Accidents du travail, Maladies professionnelles

-Branche retraite : retraite et invalidité

-Branche recouvrement : collecte des cotisations de l’Urssaf

S’ajoute depuis 2022 la caisse de solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées.

Le financement de la branche famille de la sécurité sociale provient des cotisations sociales versées par les employeurs, de la contribution des salariés (pour certaines prestations), de la contribution sociale généralisée (CSG), de la contribution au remboursement de la dette sociale, (CRDS), taxe sur les salaires, taxe intérieure sur les produits énergétiques.

C’est la branche famille de la Sécurité sociale qui finance à son tour la CNAF constituée de 101 CAF qui n’ont pas de budget autonome.

La CNAF est un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public. (Code de la sécurité sociale) Les employés des CAF ne sont pas fonctionnaires. Ils sont régis par le code du travail.

Les 4 missions de la CAF :

- Aider les familles à concilier vie familiale, professionnelle et vie sociale (Prestations d’accueil, congé parental, garde des enfants).

- Faciliter les relations parentales, favoriser le développement de l’enfant et soutenir les jeunes (Allocations familiales, complément familial, allocations de rentrée scolaire, allocation logement pour les étudiants). Médiation familiale, lieux d’accueil, d’écoute, aide aux vacances, foyers de jeunes travailleurs

- Créer les conditions favorables à l’autonomie, à l’insertion sociale et professionnelle (RSA, prime d’activité, allocations adultes handicapés. Aides financières individuelles, aide à domicile, accompagnement social).

- Accompagner les familles pour améliorer leur cadre de vie et leurs conditions de logement (Allocations logement, aide personnalisée au logement, prime de déménagement, prêt à l’amélioration de de l’habitat, Fonds de solidarité logement, centre sociaux.

La CAF contribue à l’économie locale en fournissant des aides, la CCPN fournit aussi des aides aussi au moyen du CIAS (Centre Intercommunal d’Action Sociale). Quel est le pourcentage de contribution de chacun ?

Sur l’ensemble de la Dordogne 1 Périgourdin sur 5 bénéficie d’au moins une aide de la CAF. En 2024, la CAF a distribué 471 M€ à 74 000 personnes.


Marie Pauthier. Piégut Pluviers