mardi 7 avril 2026

Rénovation thermique de l’habitat ancien.

Maisons paysannes de France- Dordogne

Le café-citoyen du 6 mars, organisé par le groupe Ribéracois du CDD Périgord Vert, en partenariat avec le Café Pluche, aborde la question de la rénovation thermique de l’habitat rural ancien. Notre intervenant est Jean-François Savier, délégué Dordogne-Périgord de Maisons Paysannes de France.

Cette association, reconnue d’utilité publique, compte 7000 adhérents répartis en 80 délégations départementales. Elle œuvre depuis une cinquantaine d’années avec l’objectif de restaurer, réhabiliter, construire, dans le respect du patrimoine rural et en harmonie avec le paysage environnant. 

Avec passion, Jean-François Savier nous alerte : une maison ancienne, disons d’avant 1948, fonctionne différemment d’une maison moderne. La cause principale réside dans les matériaux utilisés : ciment, parpaings, béton pour cette dernière, matériaux naturels pour les maisons anciennes : dans le Ribéracois, pierre calcaire, dite à tête de chat, maçonnée à l’argile, sans ciment.

Ce parc ancien représente au niveau national le tiers du parc bâti, soit environ dix millions de logements.

Village patrimonial (source : CAUE).

Maisons Paysannes s’appuie au plan technique sur le Centre de restauration du bâti ancien, le CREBA. L’association dénonce l’usage du Diagnostic de performance énergétique (DPE), dont les méthodes de calcul reposent implicitement sur les performances de matériaux modernes et pénalisent systématiquement les maisons anciennes, dont les qualités, notamment d’inertie et d’adaptation aux épisodes caniculaires, sont ignorées.  En outre ces DPE proposent des solutions d’isolation thermique des murs à base de plaques de plâtre, laines de verre et de roche, qui peuvent s’avérer contre performantes et générer des désordres dans l’habitat ancien, alors que des solutions à base d’isolants biosourcés existent et seraient à mettre en œuvre. Elles sont malheureusement plus chères !

Un regroupement de sept associations œuvrant dans le champ du patrimoine bâti (G7 Patrimoine), a été créé en 2022, autour d’une alerte : « Non à l’industrie du prêt à isoler ». Les conclusions de ce G7 Patrimoine, visant notamment à créer un DPE propre à l’habitat ancien, ont été présentées en mars 2025 au Sénat, et bien accueillies. Le passage à l’Assemblée nationale est attendu avec impatience !

L’intervention de Jean-François Savier, chaleureusement remercié, suscite de nombreuses questions des participants à cette soirée-débat, qui se prolonge devant quelques agapes. 

Voir l'article sur le site:

https://conseildeveloppementdurableperigordvert.fr/renovation-thermique-de-lhabitat/

Paul Brejon et Jean-Luc Pujols


Quel commerce rural demain en Périgord Vert ?

Certains s'alarment de la disparition des petits commerces qui apportent des services et du lien social mais qui ont du mal à vivre. Des politiques devraient venir sur le terrain pour aider à accompagner ces commerçants, soutenir nos élus qui se battent pour trouver des solutions. La lourdeur administrative , les contrôles incessants , les excès de zèle,  les charges fiscales et sociales, les loyers trop élevés, ajoutés au charges financières, dégoutent  les plus courageux qui finissent par tirer le rideau.

Le commerce rural souffre aussi de la concurrence des grandes et moyennes surfaces du secteur principalement sur Nontron. L'éloignement et le prix des carburants ne sont pas pris suffisamment en compte pour les consommateurs.

Pourtant des solutions existent pour toucher une clientèle plus large au delà du bourg, commande en ligne, livraison locale, épiceries ambulantes, food trucks, multiservices( café, bar, épicerie et poste, colis ), vente directe producteurs, marchés, amap,  pour ceux qui cherchent qualité, proximité et transparence.

Le digital devient également indispensable même pour un petit commerce.

Mais les défis à relever sont nombreux, baisse du nombre d'habitants, faible pouvoir d'achat, population âgée,  dépendance à la voiture, très faible rentabilité pour dégager un revenu pour vivre convenablement. Le commerce rural n'est pas totalement mort mais plus petit, plus polyvalent, plus connecté, plus local.

Francis LE GOYET.  St Front la Rivière