mercredi 4 novembre 2026

Quel pouvoir du parc sur l'agrivoltaïsme en Nontronnais ?

 L'avant projet de charte a été voté par le conseil syndical en février 2026, mais nos communes ne pèsent pas lourd dans la charte. Les chargés de missions de notre parc multiplient pourtant les réunions sur la biodiversité, les paysages etc. pour rien ?

Les élus de la Région Nouvelle-Aquitaine et des Départements (Dordogne et Haute-Vienne) pèsent en réalité un poids politique et financier écrasant qui dicte la direction de la charte.

Le nerf de la guerre : Le pouvoir financier

Une petite commune du Nontronnais (souvent moins de 1 000 habitants) n'a aucune autonomie financière pour porter de grands projets. Or, ce sont la Région et les Départements qui subventionnent l'essentiel du budget du PNRPL (souvent à hauteur de 70 à 80 %).

• Si la Région décide d'orienter ses lignes de financement vers la transition énergétique et l'agrivoltaïsme, le Parc doit adapter sa doctrine pour ne pas voir ses budgets fondre.

• À l'inverse, si le Département de la Dordogne pose des lignes rouges sur l'implantation de parcs solaires au sol en zone agricole, le syndicat mixte du Parc s'alignera pour garantir ses subventions.

Le fonctionnement interne du Parc favorise institutionnellement les grandes collectivités. Au sein du Comité Syndical du PNRPL (l'organe qui vote le texte de la charte), les sièges ne sont pas répartis de manière égalitaire :

• Les petites communes se regroupent souvent au sein d'un "collège" ou via leurs Communautés de Communes (comme la Communauté de Communes du Périgord Nontronnais). Elles partagent un nombre limité de délégués.

• La Région et les deux Départements disposent de blocs de sièges massifs et de délégués permanents très influents (vice-présidents, conseillers régionaux). Ce sont eux qui président les commissions de travail et fixent les compromis politiques sur l'agrivoltaïsme.

Même si 100 % des communes d'un secteur votaient “oui” pour une charte permissive sur le photovoltaïque, le Parc ne peut pas exister sans la signature de la Région.

• C'est la Région Nouvelle-Aquitaine qui porte juridiquement le projet de territoire devant l'État et qui demande le label “PNR”.

• Si les orientations imposées par la Région en matière de mix énergétique (objectifs de la loi d'accélération des énergies renouvelables) entrent en contradiction avec le souhait d'isolationnisme d'une petite commune rurale, la Région fera plier la commune par la négociation ou la contrainte budgétaire.

L'isolement d'une commune qui vote “NON”

Le poids des grandes collectivités se ressent particulièrement si une petite commune décide de voter “NON” pour s'opposer à la charte :

• En sortant du PNR, la commune s'exclut des réseaux d'ingénierie gratuits du Parc (architectes-conseils, paysagistes).

• Elle se fragilise auprès du Département et de la Région, qui gèrent les enveloppes d'aide aux communes (comme le Fonds Vert). Un maire hésitera toujours à voter contre un projet soutenu par les financeurs de ses futurs travaux de voirie ou de rénovation d'école.

Le droit de veto de la commune est donc souvent un pouvoir théorique, balayé par la réalité de la dépendance politique et financière envers la Région et le Département.

Une enquête publique aura lieu pour cette nouvelle charte, qu'en sera t'il au final ?

FrancisLe Goyet. St Front la Rivière.