samedi 21 février 2026

Les crues du Bandiat

Depuis des décennies j’habite non loin du Bandiat et je suis fascinée par la montée rapide des eaux par temps de pluie prolongée et de la baisse rapide dès que le beau temps revient.

Au cours d’une seule année, il y a plusieurs périodes de crues et de longues sécheresses où le Bandiat n’a pratiquement plus d’eau au moment de quitter le département de la Dordogne. Peu de monde le sait, mais l’eau du Bandiat n’arrive pratiquement jamais à sa confluence avec la Tardoire.

Il y a longtemps, j’ai cherché l’endroit où le Bandiat disparaît dans le karst de La Rochefoucault. Je ne l’ai pas vraiment trouvé. Je pense qu’il faudrait suivre le cours d’eau sur une grande longueur, ce qui n’est pas faisable. Par temps de sécheresse la rivière n’a plus d’eau au pont de Pranzac et pendant les périodes de crues l’eau arrive en haut de l’arche du pont.

Il y a quelques jours, le 17 février 2026, j’ai décidé de me rendre à Agris où le Bandiat se jette (parfois) dans la Tardoire. Je m’attendais à voir une petite rivière au hameau Les Vieilles Vaures où le Bandiat est d’ordinaire à sec avec des vaches qui broutent dans son lit. A ma surprise j’étais face à une rivière d’au moins 100 m de large qui commençait à déborder sur la route et il y avait beaucoup de courant. A Agris Bandiat et Tardoire ne formaient qu’une seule rivière de plusieurs centaines de mètres de large avec de nombreuses routes barrées car inondées.

Lors de sorties organisées par le CDD et d’autres associations autours du Bandiat à Nontron j’avais l’impression que beaucoup de monde semble croire que les inondations à Saint-Marial-de-Valette sont un phénomène très limité peut-être dû à l’existence de seuils et étangs. En vérité à partir de cette commune jusqu’à Agris en Charente nous nous trouvons dans une immense plaine d’expansion des crues !

Définition : Les champs ou zones d’expansion des crues sont des zones subissant des inondations naturelles. Elles font toujours partie, par définition, du lit majeur d'un cours d'eau délimité dans l'atlas des zones inondables. Elles correspondent en général à des secteurs très peu urbanisés. (définition sur le site gouvernemental géorisques https://www.georisques.gouv.fr/glossaire/champ-dexpansion-des-crues )

Comme la communauté des communes du Périgord Nontronnais vient d’arrêter son plan local d’urbanisme j’y ai cherché des consignes claires pour la gestion des champs d’expansion de crues. Le résultat est frustrant.

Dans le document 2.2_Etat initial de l_environnement du PLUI on peut lire que «  Le Bandiat se jette dans la Tardoire à Agris (16) à 70m d’altitude au moment des grandes crues ou s’infiltre dans des gouffres. » (p. 59)

Les « champs naturels d’expansion des crues » sont des espaces naturels sensibles » (p. 73) Suit une liste. Bizarrement le Bandiat n’en fait pas partie.

Il existe différents types d’inondations. Le Bandiat est typiquement touché par un débordement direct plusieurs fois par an.

La définition : « [Inondation] par débordement direct : c’est le cas notamment des inondations de plaine, qui se produisent lorsque la rivière sort lentement de son lit mineur et inonde la plaine pendant une période relativement longue. La crue peut également être beaucoup plus rapide. Lorsque des précipitations intenses tombent sur tout un bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d’eau, engendrant une augmentation brutale et violente du débit. » (p. 128)

D’après ce document (p. 131), la communauté de communes du Périgord Nontronnais est peu concernée par les inondations Il faut dire qu’on s’intéresse au débordement des rivières que si des habitations sont touchées. Ce qui est confirmé un peu plus loin. « Le risque inondation concerne particulièrement la Dronne qui connait des crues fréquentes dans le quart sud-est du Nontronnais dans des zones urbanisées notamment sur les communes de Saint-Front-la-Rivière et Saint-Pardoux-la-Rivière. » (p. 147)

J’ai essayé de comprendre comment le PLUI tient compte des champs d’expansion de crues. Pour l’instant sans succès.

Sigrun Strunk, Javerlhac

Vidéo (elle concerne la Seine mais cela explique bien l'expansion de crues)

Municipales certes mais intercommunalités aussi.

Aux prochaines élections municipales, le débat portera sur les projets communaux pour élire un maire et les conseillers. Dans leur programme, certains sont peu enclins à se projeter sur l’intercommunalité. Les citoyens ne sont donc pas invités à se prononcer sur des enjeux qui dépassent la commune, sur les politiques du logement, de la mobilité, des transitions écologiques, énergétiques, environnementales. Pour contribuer au débat citoyen, un conseil de développement, s’il existe, permet d’élaborer des actions à mettre en place dans les intercommunalités. Donnons du crédit à cette instance pour une démocratie permanente qui ne se réduit pas à une consultation tous les six ans. Mettons ce débat sur la table afin de réduire la distance entre les citoyens et l’intercommunalité.

Les différents rapports, Woerth, Ravignan, semblent nous diriger à terme vers une disparition progressive des petites communes.


Des alternatives agricoles existent

En raison des productions différentes, il est difficile d’estimer combien gagne un agriculteur. Et les revenus varient en fonction de la conjoncture. En 2020, le bénéfice moyen avec l’aide de la politique agricole commune (PAC) s’élevait à 17 500 euros. Depuis, ce revenu est en baisse (d’où la grogne), mais avec une grande hétérogénéité. Les aides directes restent élevées, mais des agriculteurs sont en difficulté économique et les aides tendent à diminuer. Les investissements et l’endettement sont trop élevés, le reste à vivre faible. La procédure de sauvegarde Agridiff permet parfois de remédier à ces difficultés. Des propos tenus sur l’Office français de la biodiversité, les écologistes, le RSA, la Ligue de protection des oiseaux desservent la cause agricole. Une aide agricole inconnue du grand public existe, le paiement pour services environnementaux (PSE), pour un comportement vertueux en faveur des paysages, de la biodiversité, du vivant. Le combat à mener est sur les prix, pour un revenu décent, sur le comportement d’achat des consommateurs, sur la qualité des produits, avec des aides supplémentaires pour certaines productions. Des alternatives existent pour promouvoir une agriculture durable, relocaliser des productions avec les plans alimentaires territoriaux, les boutiques de producteurs, pour vendre au juste prix avec moins d’intermédiaires.

Francis Le Goyet st Front  la rivière

samedi 14 février 2026

Café citoyen: le 21/2. Les sentinelles de la nature

 



Le PLUi-H nontronnais. arrêté. décembre 2026

 Le PLUi-H lancé en 2021 arrive bientôt à son terme. Sa vision présente les « conditions d’aménagement et d’utilisation des sols…en tenant compte des spécificités et des ambitions de chacune des 28 communes ». Son projet est de « dessiner le Périgord de demain ».

La Communauté de Communes Périgord-Nontronnais a publié l’essentiel des travaux pour l’élaboration du PLUi-H jusqu’au PLUi-H arrêté de décembre 2025.

Pour plus d’information, consulter la page dédiée:

https://www.perigord-nontronnais.fr/vivre-habiter/urbanisme-2/documents-plu-i-scot-plh/

Puis :

https://drive.google.com/drive/folders/1HvYu66JNz6oinrLlFex_Co2MUB8Q2xwM

Ce qui permet d’obtenir le dossier complet qui comprend :

1) PIÈCES ADMINISTRATIVES

2) RAPPORT DE PRÉSENTATION.

C’est une série d’étude du territoire de la CCPN : diagnostic territorial et socio- économique, état de l’environnement, justification des choix retenus, justification des stecals, étude de densification, évaluation environnementale, résumé non technique. Des cartes, des statistiques, des photos, des graphiques. Ce sont aussi 1030 pages ! Qui sont une mine d’informations.

3) PADD

à partir duquel le PLUi-H a été construit.

A partir du 4 on entre vraiment dans le contenu du PLUi-H. Ne pas oublier lexique à chaque fois qu’il existe

4a) ORIENTATIONS D’AMÉNAGEMENT ET DE PRÉSENTATION OAP

Elles sont à consulter attentivement car elles sont opposables aux permis de construire.

Elles sont expliquées commune par commune. A cela, il faut ajouter la charte du PNR Périgord-Limousin et celle de la Chambre d’agriculture qui sont aussi opposables.

3 types d’orientations :

OAP environnementales (paysages, forêts, etc…)

OAP habitat (production de logements diversifiés, densification, etc…)OAP Energies renouvelables (choix des filières, superficies réservées à chaque filière dans chaque commune, etc…)

Auxquelles on ajoute les OAP sectorielles (Centres villes, projets ponctuels, etc …)principes d’aménagement des secteurs de projets.

4b) PROGRAMME D’ORIENTATION ET D’ACTION POA

Pour répondre à une légère hausse de la population par l’arrivée d’entrants à cause de l’attractivité croissante de la communauté de communes et de la dynamique de l’emploi, le scénario de développement retenu évoque de multiples points (développement du logement locatif, densification, limitation de la maison individuelle, rénovation, habitat léger, coûts et accompagnement des communes…).

5) RÈGLEMENT (134 pages)

5.1Règlement écrit

La partie de I à III s’applique à tout le zonage et ne doit pas être en contradiction avec les OAP.

La partie IV reprend les dispositions particulières des zones donnant toutes les informations à connaître pour savoir ce qui est autorisé ou pas sur une parcelle, les contraintes de construction, emplacement, hauteur, utilisation des sols, etc..

5.2

Liste du bâti patrimonial protégé. Art L151-19 code de l’urbanisme

5.3

Bâtiments susceptibles de changer de destination Art 151-11 code de l’urbanisme

5.4

Emplacements réservés (voies, ouvrages…) Art 151-41 code de l’urbanisme

5.5

liste des arbres remarquables (classement en zone N) Art 151-23

Ne pas oublier la consultation du lexique qui se trouve à la fin de chaque partie.

Il est absolument indispensable de confronter le règlement écrit avec les zones pour connaître les possibilités et les contraintes attachées à chaque parcelle. La consultation du zonage ne suffit pas pour avoir une information complète sur une parcelle.

6) PLAN DE ZONAGE

Les 4 grandes zones réglementées :

U = urbaine, AU = à urbaniser, A = agricole, N = naturelle, forestières se déclinent en de multiples secteurs, par exemple Ua, Ub, UC, Ur1, Ur2… avec à chaque fois des règles, des contraintes, des interdictions définies dans la description particulière de la zone qu’on va trouver dans le règlement ainsi que les dispositions graphiques ponctuelles et surfaciques applicables dans les zones.

6.1Plan de zonage par planche.

58 planches recouvrant la superficie de la CCPN

6.2Plan de zonage par commune

Montre le zonage retenu pour chaque commune.

Il faut être très attentif à croiser les informations du zonage, du règlement, des OAP… pour bien comprendre quelles sont les possibilités et les contraintes attachées à chaque parcelle. Il faut bien comprendre les choix de chaque commune et être attentif à toutes les informations et à leurs conséquences d’autant qu’il n’est pas toujours facile de comprendre avec certitude ce qui est indiqué et parfois des incohérences peuvent apparaître. Ce travail de croisement des différentes informations pour finalement comprendre comment on peut utiliser une parcelle est un travail complexe qui peut, pour les néophytes que nous sommes, nécessiter une aide.

7) ANNEXES

7.1) Servitudes d’utilité publique

Plan de prévention des risques d’inondation pour les communes de Saint-Front-la- Rivière et de Saint-Pardoux-la-Rivière

7.2) les annexes sanitaires

Plan des réseaux d’assainissement par commune

Notice sanitaire (eau potable, assainissement, stations d’épuration, captations…

Gestion des déchets (prévention et diminutions)

Règlement du service d’assainissement non collectif (40 pages)

Règlement de la régie de l’assainissement collectif (40 pages)

Assainissement CCPN

Plan du réseau d’eau potable.

7.3) Annexes informatives

Argile, cavités, éboulements, glissements de terrain, mouvements de terrain, obligation de débroussaillement, schéma départemental des carrières, isolation acoustique, zone de préemption du bassin de la Doue, fiche du débroussaillage, fiche du radon.

Ce PLUi-H montre les choix qui ont été faits pour l’ensemble de la CCPN et à l’intérieur les choix de chaque commune. Pour l’ensemble et à l’intérieur de chaque commune les choix de développement ou d’abandon, d’organisation de l’espace, des déplacements, des zones à développer et au contraire les zones oubliées, les relations entre les communes, les axes à renforcer… c’est une philosophie du développement de la CCPN, c’est un pari sur l’avenir.Le Plui-H est la traduction des choix du PADD et de ses objectifs. Des zones sont valorisées, d’autres oubliées, la complexité est partout. Il faudrait souvent avoir un regard de professionnel pour apprécier les possibilités, les contraintes imposées et leurs conséquences.

Il ne faut certainement pas attendre le mois de juin 2026 et la commission d’enquête pour s’emparer de la compréhension du PLUi-H.

Toutes les informations sont sur le site de la Communauté de Communes et aussi consultables dans les mairies des différentes communes pour ceux qui n’ont pas la possibilité d’utiliser internet afin d’éviter tout risque de rupture d’égalité entre les habitants « connectés » et les autres.

Marie Pauthier-Piégut Pluviers