Depuis des décennies j’habite non loin du Bandiat et je suis fascinée par la montée rapide des eaux par temps de pluie prolongée et de la baisse rapide dès que le beau temps revient.
Au cours d’une seule année, il y a plusieurs périodes de crues et de longues sécheresses où le Bandiat n’a pratiquement plus d’eau au moment de quitter le département de la Dordogne. Peu de monde le sait, mais l’eau du Bandiat n’arrive pratiquement jamais à sa confluence avec la Tardoire.
Il y a longtemps, j’ai cherché l’endroit où le Bandiat disparaît dans le karst de La Rochefoucault. Je ne l’ai pas vraiment trouvé. Je pense qu’il faudrait suivre le cours d’eau sur une grande longueur, ce qui n’est pas faisable. Par temps de sécheresse la rivière n’a plus d’eau au pont de Pranzac et pendant les périodes de crues l’eau arrive en haut de l’arche du pont.
Il y a quelques jours, le 17 février 2026, j’ai décidé de me rendre à Agris où le Bandiat se jette (parfois) dans la Tardoire. Je m’attendais à voir une petite rivière au hameau Les Vieilles Vaures où le Bandiat est d’ordinaire à sec avec des vaches qui broutent dans son lit. A ma surprise j’étais face à une rivière d’au moins 100 m de large qui commençait à déborder sur la route et il y avait beaucoup de courant. A Agris Bandiat et Tardoire ne formaient qu’une seule rivière de plusieurs centaines de mètres de large avec de nombreuses routes barrées car inondées.
Lors de sorties organisées par le CDD et d’autres associations autours du Bandiat à Nontron j’avais l’impression que beaucoup de monde semble croire que les inondations à Saint-Marial-de-Valette sont un phénomène très limité peut-être dû à l’existence de seuils et étangs. En vérité à partir de cette commune jusqu’à Agris en Charente nous nous trouvons dans une immense plaine d’expansion des crues !
Définition : Les champs ou zones d’expansion des crues sont des zones subissant des inondations naturelles. Elles font toujours partie, par définition, du lit majeur d'un cours d'eau délimité dans l'atlas des zones inondables. Elles correspondent en général à des secteurs très peu urbanisés. (définition sur le site gouvernemental géorisques https://www.georisques.gouv.fr/glossaire/champ-dexpansion-des-crues )
Comme la communauté des communes du Périgord Nontronnais vient d’arrêter son plan local d’urbanisme j’y ai cherché des consignes claires pour la gestion des champs d’expansion de crues. Le résultat est frustrant.
Dans le document 2.2_Etat initial de l_environnement du PLUI on peut lire que « Le Bandiat se jette dans la Tardoire à Agris (16) à 70m d’altitude au moment des grandes crues ou s’infiltre dans des gouffres. » (p. 59)
Les « champs naturels d’expansion des crues » sont des espaces naturels sensibles » (p. 73) Suit une liste. Bizarrement le Bandiat n’en fait pas partie.
Il existe différents types d’inondations. Le Bandiat est typiquement touché par un débordement direct plusieurs fois par an.
La définition : « [Inondation] par débordement direct : c’est le cas notamment des inondations de plaine, qui se produisent lorsque la rivière sort lentement de son lit mineur et inonde la plaine pendant une période relativement longue. La crue peut également être beaucoup plus rapide. Lorsque des précipitations intenses tombent sur tout un bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d’eau, engendrant une augmentation brutale et violente du débit. » (p. 128)
D’après ce document (p. 131), la communauté de communes du Périgord Nontronnais est peu concernée par les inondations Il faut dire qu’on s’intéresse au débordement des rivières que si des habitations sont touchées. Ce qui est confirmé un peu plus loin. « Le risque inondation concerne particulièrement la Dronne qui connait des crues fréquentes dans le quart sud-est du Nontronnais dans des zones urbanisées notamment sur les communes de Saint-Front-la-Rivière et Saint-Pardoux-la-Rivière. » (p. 147)
J’ai essayé de comprendre comment le PLUI tient compte des champs d’expansion de crues. Pour l’instant sans succès.
Sigrun Strunk, Javerlhac


