mardi 14 mai 2024

LE SCOT du Périgord Vert, les avantages, les inconvénients, les contraintes.

Le SCoT (syndicat mixte du schéma de cohérence territoriale) est destiné dans le mille-feuille administratif (straddet, pcaet, pluih, projet territoire etc …etc...à servir de cadre de référence pour les différentes politiques sectorielles, notamment celles centrées sur les questions d’organisation de l’espace et d’urbanisme, d’habitat, de mobilités, d’aménagement commercial, d’environnement, dont celles de la biodiversité, de l’énergie et du climat...

En résumé un document de planification qui fixe des règles pour l’ensemble des EPCI (établissement public de coopération intercommunale) du Périgord Vert. 

Ils présentent tous l'avantage d'impliquer les habitants, font vivre la démocratie participative, mais ces études obèrent les finances des collectivités locales pour faire face aux investissements nécessaires au bien être des habitants dans nos zones rurales dépourvues d'infrastructures sociales de base .

Tout d'abord il s'agit d'une lecture indigeste avec près de 1000 pages, à lire et à absorber sur un temps d'enquête très court. 

Certains d'entre nous ont participé à des réunions publiques, mais il s'agit d'une faible majorité à l'échelle du territoire. Certains élus découvriront peut être les contraintes à postériori.  

Très consensuel au premier abord il reste un schéma de cohérence assez incohérent, notre territoire est très différent d'un point à un autre. Il a néanmoins le mérite d'exister et il faut bien un cadre de référence et on peut féliciter ce gros travail (sur des données économiques parfois trop anciennes !) qui a duré des années avec l'aide de cabinets extérieurs comme pour le PCAET, le PLUI h ... 

Cependant, on sent des formules négociées pour concilier des contraires, des mots parfois assez vagues comme pour obtenir un consensus. Des mots sympathiques et agréables à lire, mais aussi des formules creuses , on n'interdit rien ou presque, on n'oblige à rien, avec des mots comme limiter, encourager conforter, soutenir. 

Sur les mesures à mettre en place parfois trop généralistes et trop souvent sans indicateur quantitatif et qualitatif, il manque parfois le pourquoi, le comment. Des centaines de pages avec une multitude de belles intentions à un moment ou nous vivons de profondes disparités dans tous les domaines. Peu de choses en vérité pour lutter contre les inégalités, pour améliorer le quotidien, des promesses qui ne seront difficiles à financer,  ni réellement règlementées, en période de coupes budgétaires au niveau national, régional, départemental, intercommunal, communal.  Avec sans doute des incohérences nombreuses avec les PCAET et les PLUI H, à modifier régulièrement par de nouvelles enquêtes publiques pour s'adapter aux réalités économiques et orientions politiques des décisionnaires, rien n’est figé et c’est sans doute un point fort. 

Je partage totalement la contribution de la SEPANSO et je demande la prise en compte de leurs observations notamment sur la forêt et les énergies renouvelables. Le développement économique et social ne doit pas se faire au détriment de la biodiversité . 

A ce titre  un atlas de la biodiversité à l’échelle du scot sur les habitats de la faune et de la flore est à faire pour sensibiliser et identifier les enjeux dans les politiques à mettre en place.  

Concernant le ZAN ( zéro artificialisation nette en 2050), il est en effet nécessaire d’éviter de continuer à bétonner, asphalter, artificialiser donc détruire la nature, pour des raisons purement financières et non pour l'intérêt général. Le bétonnage à outrance, des investissements sur des infrastructures mal pensées et mal calibrées qui coûtent cher aux contribuables n'apportent ni bien-être, ni bonheur aux habitants. 

Pour conclure on peut être surpris de l'inadéquation entre un pavé de près de 1000 pages, rédigées par des "spécialistes" et une absence d'information de 95 % de la population concernée par l'avenir de notre territoire. 


Francis LE GOYET- St Front la Rivière